Même si la présence de poissons-chats (Ameiurus nebulosus) et d’écrevisses américaines (Cambarus affinis) sur le coup amorcé permet parfois de stimuler l’activité alimentaire des carpes, lorsque ces "invités" sont trop nombreux ils peuvent devenir gênants et se comportent en véritables "pique-assiette". En effet, ils n’ont aucun scrupule à piller l’amorçage, ne laissant pas grand chose aux carpes, même pas les bouillettes d’eschage qu’ils ont pris soin de grignoter. Ainsi, le pêcheur naïf peut parfois attendre toute une nuit confiant et plein d’espoir, alors que depuis bien longtemps il ne reste sur les cheveux de ses montages qu’un peu d’eau sucrée… Et je jurai, mais un peu tard, qu’on ne m’y reprendrait plus !
Voici donc en quelques lignes, les symptômes d’une attaque aiguë de matous et d’écrevisses, et quelques solutions pour y remédier.
- captures multiples de poissons chat (s’il s’agit d’une capture isolée il n’y a pas encore lieu de s’inquiéter mais cela doit inciter à la vigilance).
- petites tirées incessantes sur les lignes qui n’arrêtent pas de se tendre et de se détendre (attention toutefois de ne pas retirer la ligne immédiatement, ce serait dommage d’ôter la bouillette de la bouche d’une carpe).
- bouillettes taillées en cubes (grand classique artistique chez les poissons-chats) ou partiellement grignotées.
- plus de bouillettes sur les cheveux.
- bas de ligne complètement emmêlé (je signale au passage aux pêcheurs qui ne maîtrisent pas parfaitement l’art du lancer que cet argument peut servir d’excuse vite réchauffée, lorsque qu’un collègue moqueur vous fait remarquer que vous n’arriver pas à lancer une ligne sans emmêler. Attention toutefois car un œil averti reconnaîtra vite la supercherie.).
- éviter les bouillettes carnées dont raffolent les poissons-chats et les écrevisses.
- augmenter la quantité d’amorçage.
- augmenter la taille et la dureté des bouillettes.
- escher avec des bouillettes flottantes.
- entourer la bouillette d’eschage d’un morceau de bas nylon ou d’un filet spécial anti-chats.
- abandonner la pêche à la bouillette et opter pour des graines comme le lupin ou l’arachide dont les carpes raffolent mais qui ne semblent pas intéresser les poissons-chats.
Ces quelques solutions, en limitant les désagréments causés par les poissons-chats et les écrevisses, permettent de continuer à pêcher dans des eaux qui recèlent souvent de belles carpes. Enfin, sans tomber dans un excès de sensiblerie, je voudrais rappeler que, même si les poissons-chats et les écrevisses américaines sont considérés comme nuisibles (et de ce fait la loi interdit de les remettre à l’eau et de les transporter vivants), il est inutile et malsain de faire preuve de sadisme à l’égard de ces pauvres créatures, qui sont comme nous des êtres vivants et méritent donc le respect.