Beaucoup de pêcheurs qui souhaitent essayer la pêche
de la carpe se laissent décourager par la quantité de
matériel qui semble nécessaire. Pourtant même si
les fabricants proposent une vaste gamme de produits souvent très
perfectionnés, on peut pêcher la carpe simplement et
sans se ruiner. J’ai commencé à taquiner les
carpes en utilisant de vieilles cannes à brochet en fibre de
verre posée sur des fourches en bois. Bien sûr ça
faisait moins classe que 3 cannes en carbone alignées à
l’équerre sur un rod-pod flambant neuf et ça
limitait un peu les possibilités de pêche, mais ça
prenait quand même du poisson. Plus tard, lorsque j’ai
investi dans du matériel plus sérieux, j’espérais
que mes résultats allaient grimper en flèche,
malheureusement les carpes, quant à elles, sont peu sensibles
aux phénomènes de mode (comme quoi à la pêche
la bêtise n’est pas toujours du côté de la
ligne que l’on croit ;-)... ). Bref tout ça pour
dire qu’il ne faut pas accorder au matériel plus
d’importance qu’il n’en a. Un bon matériel
facilite la pêche et est agréable à utiliser mais
il ne fait pas tout. Les clefs de la réussite se situent
souvent plus au niveau de la localisation des poissons et de la
compréhension de leurs habitudes.
Voici donc une brève présentation du matériel
utilisé pour pêcher la carpe qui permettra, je l’espère,
au débutant qui souhaite s’équiper d’un peu
mieux se repérer et de faire la différence entre
indispensable et superflu en fonction de la pêche qu’il
pratique.
Les cannes :
Elles sont en carbone et ont une longueur généralement comprise entre 3m60 (12 pieds) et 3m90 (13 pieds). Elles sont le plus souvent constituées de 2 brins (plus rarement 3) à emmanchement inversé ou à spigot. Il existe aussi certains modèles télescopiques qui présentent un encombrement réduit mais dont l’action est quand même moins bonne que celle des cannes en 2 ou 3 brins (cassure de la courbe). Les poignées sont soit en mousse (Duplon), soit en liége. Elles sont divisées en 2 parties : une partie au niveau du porte moulinet et une partie au niveau du talon permettant ainsi une bonne prise en main pour le lancer.
Les anneaux sont très importants et ce sont
souvent leur qualité et leur nombre qui déterminent le
prix d’une canne à carpe. On en trouve 3 grands types :
- les anneaux céramiques : leur
résistance à l’abrasion est faible et leur glisse
est mauvaise, ces anneaux ne sont montés que sur les modèles
très bas de gamme, il vaut mieux les éviter.
- les anneaux OAL (oxyde d’aluminium) :
ils ont une bonne résistance à l’abrasion mais ne
permettent cependant pas l’usage de tresse comme corps de ligne.
Ils permettent une bonne glisse du nylon. Ils équipent les
cannes du milieu de gamme.
- les anneaux SIC (carbure de silicium) : ils
sont très résistants à l’abrasion et
assurent une bonne glisse de la ligne. Ils permettent de lancer loin
et d’employer de la tresse. Leur prix est assez élevé.
On les trouve sur les bonnes cannes à carpe.
A noter : plus l’anneau de départ
(près du porte moulinet) est grand plus la canne permettra de
lancer loin.
On distingue :
- les cannes à action parabolique :
elles plient sur toute leur longueur. Elles amortissent bien les
coups de tête du poisson et permettent d’avoir le maximum
de sensations. Par contre elles sont souvent un peu trop molles pour
les pêches en eaux encombrées ou en rivière.
- les cannes à action de pointe : seule
la partie terminale de la canne plie. Ces cannes sont souvent
utilisées pour la pêche à longue distance ou dans
les eaux encombrées. Cependant leur raideur augmente les
risques de casse ou de décrochage.
- les cannes à action semi-parabolique :
elles plient sur leur moitié supérieure. Elles
constituent un compromis entre les 2 types précédents
et sont de ce fait les plus couramment utilisées.
La puissance d’une canne à carpe s’exprime en livres anglaises (lbs). Elle est généralement comprise entre 2 et 4 lbs. Les cannes de faible puissance sont à réserver pour les pêches de bordure en eaux libres d’obstacles. Les cannes puissantes conviennent pour la pêche à longue distance ou les pêches « fortes » (rivière, eaux encombrées). Bien que les cannes puissantes soient à la mode, le meilleur compromis se situe, à mon avis, entre 2 lbs ½ et 3 lbs, gamme de puissance convenant pour à peu près toutes les conditions de pêche.
Si vous voulez commencer à pêcher la carpe, je vous conseille d’éviter les tous premiers prix dont la qualité médiocre risque de rapidement vous poser problème. On trouve aujourd’hui des cannes tout à fait performantes à partir de 75 €. Ces modèles vous permettront de commencer à pêcher sérieusement la carpe sans vous ruiner et ils pourront vous rendre de bons et loyaux services pendant plusieurs années. Vous pourrez toujours investir dans des modèles plus performants si vous avez vraiment la passion.
Les moulinets :
Il faut choisir des modèles dont la taille et le
poids sont en harmonie avec la canne.
Ils doivent posséder un frein fiable et précis.
Un frein arrière est plus pratique (c’est surtout une
question d’habitude) mais généralement plus
fragile qu’un frein avant. Aujourd’hui beaucoup de
carpistes ont adopté les modèles débrayables. Le
frein de combat est réglé à l’avance et un
petit levier permet de débrayer la bobine lorsque la canne est
en place. Le fil se déroule librement au moment du départ
et il suffit de tourner la manivelle du moulinet pour enclencher le
frein de combat et ferrer efficacement. Ce système permet
d’éviter les erreurs qui surviennent parfois avec un
moulinet classique en resserrant le frein après le ferrage et
de gagner en rapidité pour le début du combat ce qui
est un avantage certain en eaux encombrées.
La bobine doit contenir 150 m de 35 /100 au
minimum mais 200 ou 250 m sont préférables. Au-delà
de 300 m ça ne sert plus à grand chose (sauf cas très
particuliers) et ça alourdit le moulinet.
Comptez 60 à 75 € pour un moulinet correct, 15 € de plus pour un modèle débrayable.
L’épuisette :
Il faut choisir un modèle robuste, aussi
grand que possible, doté d’un filet à mailles
fines. Il faut faire attention à l’encombrement, au
poids, à la facilité de montage/démontage de la
tête et à la qualité des coutures du filet.
Pour commencer, on peut utiliser une épuisette
à carnassiers à tête rectangulaire (prix :
environ 18 €). L’ouverture est moins grande que celle d’une
vraie épuisette à carpe mais l’on peut quand même
faire rentrer de très grosses carpes dedans (mais il faut
parfois s’y reprendre à plusieurs fois ce qui est
risqué !) et elles sont souvent plus faciles à
manier.
Les vraies épuisettes à carpes ont une
tête triangulaire et une large ouverture (1m). La grande
ouverture facilite la mise à l’épuisette.
Attention toutefois sur les berges encombrées, car un filet
trop profond peut s’accrocher au fond de l’eau.
On trouve des épuisettes à carpe à partir de 60 €.
Le tapis de réception :
Il sert à accueillir les carpes pour les décrocher sans qu’elles ne se blessent au contact du sol. Les modèles du commerce coûtent environ 30 €. On peut s’en bricoler un avec un tapis en mousse pour le camping (à partir de 3 € en grande surface), que l’on recouvrira d’une toile (on peut poser un sac de conservation dessus). Le tapis de réception doit toujours être mouillé avant emploi pour préserver le mucus protecteur des carpes.
Sac de pesée, peson et sac de conservation :
Pour connaître le poids de sa capture il faut
placer la carpe dans un sac de pesée (à partir de 6 €
dans le commerce), mouillé avant emploi évidemment, que
l’on accrochera (le sac, pas la carpe ! … Si si on en
voit…) au crochet du peson. On trouve des pesons à partir
de 12 €. Si, dès sa première utilisation, vous bloquez
l’aiguille de votre peson à son maximum (les pesons
premier prix vont quand même jusqu’à 22 kg, mais il
y a des veinards à qui cela arrive, n’est-ce pas
Antoine ? … ), le temps de trouver un outil de pesée
plus performant vous devrez mettre votre belle carpe en sac de
conservation.
Le sac de conservation, permet, comme son nom
l’indique, de conserver pendant quelques heures sa capture
vivante dans de bonnes conditions. Avant emploi il doit être
lui aussi impérativement … (alors là si vous ne
trouvez pas, je vais m’fâcher J !)
… mouillé ! Le sac doit être immergé
suffisamment profondément, à l’ombre et à
l’écart d’obstacles. Il doit être solidement
attaché à un piquet sur la berge. Le sac de conservation ne peut accueillir qu'une seule carpe.
Après avoir beaucoup utilisé les sacs
de conservation pendant plusieurs années, je préfère
aujourd’hui, lorsque cela est possible, relâcher
immédiatement mes captures. En effet, mieux vaut éviter
de prolonger inutilement le stress du poisson d’autant plus la
mise en sac comporte certains risques :
- mort subite du poisson (provoquée par le
stress, elle est extrêmement rare chez la carpe mais fréquente
chez les amours blancs. Il ne faut donc jamais mettre ces derniers en
sac).
- en cas de séjour prolongé :
perte d’écailles et détérioration des
nageoires.
- enfin lorsque l’on sort la carpe du sac, elle
est très nerveuse (elle a eu le temps de récupérer
toutes ses forces) et risque de se blesser. Il est donc utile de
laisser la carpe se débattre un peu dans l’eau en
soulevant à moitié le sac puis, après avoir
sorti le sac de l’eau, il est préférable
d’attendre quelques dizaines de secondes avant de l’ouvrir
en immobilisant la carpe contre le tapis de réception et en
attendant qu’elle se calme.
Fronde et tube lance bouillette.
Ces deux accessoires sont utilisés pour
l’amorçage.
La fronde permet de propulser les appâts,
graines ou bouillettes à courte et moyenne distance. Pour des
petites graines comme le blé où le chènevis les
distances atteintes sont assez faibles (15 m). Les grosses graines
comme le maïs, le pois chiche ou le lupin peuvent êtres
propulsées à environ 25 m. La palme incontestée
revient aux bouillettes qui atteignent environ 80 m. On peut
améliorer la distance d’amorçage des graines en
les incorporant à des boules d’amorce ou en réalisant
des glaçons. Une bonne fronde coûte environ 15 €.
Les tubes lance bouillettes comme les célèbres
Cobra ou les plus modestes Naja (Technipêche) sont utilisés
pour envoyer les bouillettes à longue distance (> 100 m). Si
vous pêcher à courte ou moyenne distance vous pouvez
donc vous en passer. Les premiers essais sont souvent hasardeux mais
lorsque l’on a compris le geste ça marche très
bien. Un Naja (plastique) coûte environ 10 €, il faut compter
le double pour un cobra (voire même le quadruple pour les
modèles en aluminium).
Le rod-pod :
Il supporte les cannes et permet de les orienter
correctement. Il n’est pas indispensable et peut être
remplacé par des piques plantées dans le sol. Cependant
lorsque la berge est rocailleuse ou le sol durci par le soleil de
l’été cet outil est vraiment appréciable.
On en trouve différents modèles à 3, 4, 6 ou 8
pieds conçus pour supporter 3 ou 4 cannes. Quel que soit le
modèle choisi il devra répondre à plusieurs
exigences :
- stabilité (attention aux modèles trop légers qui s’envolent au moindre coup de Mistral)
- pieds réglables pour pouvoir s’adapter à n’importe quel terrain
- facilité et rapidité d’installation
- encombrement minimum lorsqu’il est plié.
On trouve des rod-pods à partir de 60 € mais pour avoir un modèle correct il vaut mieux prévoir un budget minimum de 105 €.
Les écureuils :
Fixés de différentes façons sur
le fil ils servent d’indicateurs visuels de touche. Le modèle
classique est constitué d’un corps en plastique (plus ou
moins lesté selon les conditions de pêche) coulissant
sur une tige métallique verticale (plantée dans le sol
ou fixée sur le rod-pod). Si un poisson entraîne la
ligne vers le large, l’écureuil monte, si au contraire le
poisson revient vers le bord (touche à revenir), l’écureuil
descend. Le nom « écureuil » provient de
l’analogie entre le corps en plastique coulissant sur la tige et
un écureuil se déplaçant sur son arbre.
Au ferrage (ou lors d’un départ violent)
le fil est libéré permettant ainsi de combattre le
poisson sans encombres.
On distingue plusieurs types d’écureuils :
- les écureuils sur tige (type de base que nous venons de voir). Ils permettent une détection fine des touches mais ne sont pas très pratiques à utiliser. A partir de 3 €.
- les écureuils à fil. Il n’y a plus de tige. Ils sont reliés au buzz bar (barre horizontale sur laquelle sont vissés les supports de cannes ou les détecteurs) du rod-pod par un fil en plastique. Très pratiques mais moins précis que les écureuils sur tige. Prix comparable à celui des écureuils sur tige.
- les écureuils à balancier ou « swingers ». Il n’y a pas de tige mais un bras qui relie l’écureuil au buzz bar. Pratiques et très précis, ils sont plus fragiles et plus chers (à partir de 7,5 € pièce, mais les modèles de luxe dépassent les 23 €).
La plupart des modèles possèdent un
logement pour bétalight (petit bâtonnet contenant un gaz
luminescent) les rendant ainsi visibles la nuit.
Souvent d’un intérêt limité
en rivière où les départs sont généralement
francs, ils peuvent êtres très utiles en étang en
particulier lorsque les poissons sont méfiants.
Il est facile de bricoler des écureuils
relativement efficaces à partir de boîtes de pellicules
photo, d’œufs « Kinder » ou même,
au bord de l’eau, à partir d’un petit morceau de
bois vert (cf. « un écureuil de fortune »).
Les écureuils sont souvent utilisés en
complément des détecteurs électroniques car, en
maintenant le fil tendu, ils leur permettent de signaler aussi les
touches à revenir.
Les détecteurs électroniques :
|
Ils ne sont pas indispensables mais améliorent le confort de pêche. Le pêcheur n’est plus obligé de regarder en permanence ses lignes ou de tendre l’oreille pour écouter « chanter » les moulinets. C’est pour la pêche de nuit qu’ils trouvent leur pleine utilité en veillant sur les lignes pendant notre sommeil. |
Leur principe de fonctionnement est simple : le
fil entraîne une roulette munie de languettes qui coupent le
faisceau d’une cellule photoélectrique déclenchant
ainsi la sonnerie. En plus de la sonnerie, une ou plusieurs diodes
indiquent la ligne concernée. Si la touche s’arrête,
la sonnerie cesse mais une diode reste allumée pendant une
quinzaine de secondes (fonction de mémorisation).
Il existe des modèles plus ou moins complets
avec réglage du volume, de la tonalité et de la
sensibilité.
Les modèles les plus perfectionnés
possèdent en plus de la roulette un « palpeur ».
Il s’agit d’une petite languette sur laquelle repose le fil
et qui va déclencher le détecteur à la moindre
tirée. Ce système assure une sensibilité
maximale.
On trouve des modèles simples mais
performants à partir de 30 €. Les détecteurs haut de
gamme peuvent dépasser les 135 €.
Il faut choisir un modèle résistant à
la pluie (attention ce n’est hélas pas toujours le cas).
Certaines marques proposent des détecteurs 100 % étanches
capables de résister à toutes les conditions.
Un autre point à vérifier est la
puissance de la sonnerie, qui doit pouvoir vous réveiller la
nuit. Les fabricants ont mis au point des centrales sans fil que l’on
peut emmener partout avec soi, mais leur prix est élevé.
Attention, même si l’on a des détecteurs
qui sonnent fort ou une centrale, ce n’est pas une raison pour
s’aventurer trop loin de ses cannes. Il faut toujours être
prêt à intervenir rapidement sous peine de perdre de
nombreux poissons, en plus, un sprint improvisé au bord de
l’eau est souvent un exercice périlleux…
Le petit matériel :
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Les nylons utilisés pour la pêche de la carpe ont généralement un diamètre compris entre 28 et 35 centièmes de mm. Le 28 centièmes est à réserver pour la pêche en étang, dans des eaux libres d’obstacles. Pour la pêche en rivière ou en eaux encombrées il est préférable d’opter pour un bon 35 centièmes. Depuis plusieurs années j’utilise des nylons fluorescents, ce qui ne semble pas gêner les carpes. Ils sont très pratiques, en particulier pour suivre les déplacements du poisson pendant le combat ou pour s’assurer du placement correct des lignes la nuit. |
Après chaque capture il est prudent de vérifier l’état des
derniers mètres de la ligne qui ont pu frotter contre des obstacles durant le
combat. Il ne faut pas hésiter à changer le fil de ses moulinets dès qu’il
donne le moindre signe de faiblesse. L’achat en gros conditionnements (bobines
de 1000 m) est plus économique et plus pratique pour remplir les moulinets.
Il faut compter environ 15 € à 23 € pour une bobine de nylon de 1000 m de qualité
moyenne.
Certains carpistes utilisent de la tresse
en corps de ligne. Les avis sur le sujet sont très partagés et il est difficile
de donner tort ou raison à tel ou tel camp.
Personnellement, je préfère le nylon. A mon avis une publicité
abusive à été faîte autour de la tresse, ce qui a conduit à une utilisation
parfois excessive et pas toujours judicieuse.
Certes, la tresse présente plusieurs avantages :
élasticité quasi nulle (ce qui est très utile pour la pêche à longue distance),
forte résistance à la traction et surtout à l’abrasion pour un faible diamètre.
Son prix est élevé, mais sa longévité est supérieure à celle du nylon.
Mais ces avantages peuvent dans certains cas se transformer
en inconvénients. En effet, la tresse est un matériau très abrasif qui peut
mutiler les carpes (et accessoirement votre matériel !). Sa grande résistance
hypothèque les chances de survie d’un poisson qui se serait emmêlé dans des
obstacles. Son absence d’élasticité augmente les risques de décrochages, en
particulier pour la pêche à courte distance.
Il est donc important que le pêcheur qui souhaite utiliser
de la tresse connaisse ces risques et prenne certaines précautions : protection
de la partie terminale de la tresse par un tube anti-emmêleur d’une longueur
suffisante, utilisation de bas de ligne d’une résistance nettement inférieure
au corps de ligne, éviter d’utiliser une tête de ligne en tresse sur un corps
de ligne en nylon car le nœud de raccord constitue un point de faiblesse...
Enfin, je voudrais faire une dernière remarque qui est aussi
valable pour les utilisateurs de nylon : ne nous comportons pas en conquérants,
la quête du résultat ne doit pas nous faire oublier le respect du poisson. Il
ne faut pas placer ses lignes à quelques centimètres des obstacles et vouloir
à tout prix sortir des carpes d’un endroit inextricable. Si on s’aperçoit que
l’on casse 9 fois sur 10, il faut s’interroger et parfois savoir renoncer...
En conclusion, je dirai qu’un « bon »
utilisateur de tresse est beaucoup moins dangereux qu’un « mauvais »
utilisateur de nylon... Tresse ou nylon ? A vous d’choisir !
Leur rôle est d’éviter les emmêlements entre le bas de ligne et le corps de ligne au cours du lancer. Ils sont constitués par un tube en plastique rigide ou souple muni d’un système de fixation pour la plombée. Il existe deux systèmes d’attache pour la plombée : les agrafes métalliques et les « clips-plombs » en plastique.
|
Les agrafes métalliques constituent le système le plus ancien et le plus répandu. L’agrafe est portée par une perle de potence collée à quelques centimètres de l’extrémité du tube anti-emmêleur. |
Les clips-plombs en plastique sont apparus au milieu des années 90. Ils sont de plus en plus utilisés car ils réduisent encore plus les risques d’emmêlements et permettent au poisson de se débarrasser plus facilement du plomb en cas de casse.
![]() |
Détail de montage
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Pour une efficacité optimale, la
longueur de l’anti-emmêleur devrait théoriquement être supérieure d’un tiers
à celle du bas de ligne (soit une longueur de 30 à 50 cm).
Pour la pêche à courte distance,
les risques d’emmêlements sont moindres et l’anti-emmêleur sert surtout à supporter
la plombée et éventuellement à rendre le montage fixe. Pour plus de discrétion,
je préfère donc souvent raccourcir mes anti-emmêleurs à une dizaine de centimètres.
Cette longueur assure tout de même une rigidité suffisante à la partie terminale
de la ligne pour limiter les emmêlements.
On trouve différentes couleurs
d’anti-emmêleurs : noir opaque, translucide teinté de vert ou de marron, complètement
transparent... Il ne semble pas qu’une de ces couleurs soit supérieure aux autres.
Souple ou rigide ? Là encore, cela ne semble
pas avoir une grande importance. Les tubes anti-emmêleurs rigides ont une meilleure
pénétration dans l’air et sont de ce fait peut-être un peu plus performants
que les tubes souples pour la pêche à longue distance. Par contre, sur fond
vaseux, les anti-emmêleurs rigides ont tendance à se planter dans le substrat,
ce qui pourrait les rendre moins discret que les anti-emmêleurs souples.
Un sachet de 3 anti-emmêleurs coûte
de 1,5 € à 3 €. On peut aussi acheter tube anti-emmêleur en rouleau, des perles
à agrafe et des clips-plombs séparément ce qui revient moins cher.
Ils servent à propulser la ligne à la distance
souhaitée, à la maintenir en place sur le fond et éventuellement à assurer un
autoferrage du poisson. Les plombs utilisés pour la pêche de la Carpe ont une
masse généralement comprise entre 40 et 120 g. Il existe de nombreuses formes
de plombs (Arlesey, trilobe, missile, rivière, boule, montre, inline...). cf. « les différents plombs et leur utilisation.»
Le choix de la masse et de la forme du plomb
dépend du type de montage utilisé, des conditions rencontrées (distance de pêche,
courant, vase...) et de la puissance des cannes. Pour les montages autoferrants
(montage fixe et montage de fuite) il ne faut pas descendre en dessous de 60g
car l’inertie de la plombée doit être suffisante pour piquer le poisson.
Le prix des plombs est compris entre 0,75 € et 1,2 € pièce.
Ils permettent de raccorder le bas de ligne au corps de ligne
et limitent le vrillage du fil. On utilise des émerillons barils qui sont plus
discrets et plus robustes que les émerillons à agrafe. Pour relier le bas de
ligne ou le corps de ligne à l’émerillon on peut réaliser un nœud « cuillère »
ou un nœud « palomar ».
Un sachet de 10 émerillons barils coûte
environ 2,3 €.
|
La plupart des carpistes utilisent des bas de ligne en tresse. De part sa souplesse la tresse permet une présentation discrète et naturelle de l’esche. La tresse offre en plus l’avantage d’être très résistante ce qui n’est pas négligeable puisque le bas de ligne est soumis à rude épreuve au cours du combat. |
Je vous recommande de choisir une
tresse de résistance comprise entre 12 et 20 lbs (mieux vaut choisir une tresse
de résistance inférieure au corps de ligne pour que les casses éventuelles se
produisent sur le bas de ligne).
La tresse pour bas de ligne est
conditionnée en bobines de 10 à 25 m. Son prix se situe entre 0,3 et 0,9 € par mètre.
Certains pêcheurs préfèrent utiliser
des bas de ligne en nylon. En effet, la rigidité du nylon permet de diminuer
les emmêlements et d’assurer un meilleur autoferrage.
Les hameçons destinés à la pêche de la Carpe doivent
êtres robustes et piquants. Il s’agit essentiellement de modèles à oeillet fabriqués
en carbone. Le piquant d’un hameçon peut s’évaluer sur le dessus de l’ongle
et sa robustesse à l’aide d’une pince. Il faut vérifier l’état de l’hameçon
après chaque capture ou accrochage et ne pas hésiter à le changer si nécessaire.
Il existe des formes variées d’hameçon à Carpe. Les hameçons à hampe courte
ou moyenne et à pointe rentrante sont plutôt destinés à la pêche sur le fond
alors que les modèles à hampe longue et à pointe droite sont plus adaptés aux
montages flottants.
La taille de l’hameçon doit être proportionnée à
celle de l’esche. Elle est généralement comprise entre le n°1 et le n°6. Il
vaut mieux se référer à la taille réelle de l’hameçon plutôt qu’au numéro indiqué
sur la pochette car il y a de grandes différences entre les marques (un hameçon
n°2 de chez X correspond souvent à un n°4 de chez Y...). Le prix des hameçons
à Carpe est très variable et se situe entre 0,2 et 0,75 € pièce.
Elle permet d’enfiler les appâts (bouillettes,
graines ou autres) sur le cheveu. Il est facile d’en bricoler une à l’aide d’un
morceau de corde à piano mais en raison de son prix modique (1,5 à 3 €) cela
ne présente que peu d’intérêt. Pour tous ceux qui comme moi ont une boîte à
pêche caractérisée par une forte entropie (c’est le 2ème principe
de la thermodynamique selon lequel le désordre de l’Univers ne peut qu’augmenter
– si c’est une loi physique, on ne peut pas lutter ;-) !) sachez que,
l’aiguille à appâts est sans doute l’accessoire que l’on perd le plus fréquemment,
il est donc préférable d’en avoir une de rechange au fond de sa boîte.
Enfin, il ne faut pas oublier les
stop-appâts que l’on place dans la boucle du cheveu pour bloquer l’esche. Ils
existent sous forme de « V » ou « d’haltères » et sont présentés
en plaquettes de 50 ou 60 pièces environ. Une plaquette coûte de 0,45 à 0,75 €. On
peut remplacer ces stop-appâts en plastique par des brindilles ramassées au
bord de l’eau (les pédoncules aplatis des feuilles mortes de peuplier coupés
en segments de 5mm de long conviennent très bien).
Cette présentation rapide du matériel de
base est bien sûr loin d’être exhaustive. Il faut y rajouter tout un tas de
petit matériel qui a toujours sa place au fond de la boîte de pêche pour permettre
de faire face à des conditions variées : une paire de ciseaux-pinces, de
la colle forte, de la gaine en plastique de différents diamètres, des perles
en caoutchouc pour protéger les nœuds, des morceaux de mousses pour les montages
flottants, une boîte de petits plombs fendus, du fil soluble, des petits anneaux
en inox, des élastiques...